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Détenir un compte bancaire, cela n’a strictement aucun sens pour une grande majorité d’indiens. Selon des économistes, les plateformes de paiements électroniques et les fournisseurs de technologies monétaires ont tout à gagner de la démonétisation indienne, induite par son premier ministre, Narendra Modi. Placer son argent n’est pas un acte qui fait partie des mœurs indiennes. B for bank et LCL banque sont des inconnus en Inde.
Le 8 novembre 2016, Narendra Modi révélait l’invalidation des billets de 500 et 1000 roupies (correspondant à 7 et 14 euros), les deux plus gros billets circulant en Inde. A minuit, ces deux billets, n’étant donc plus valides, ils devaient être changés dans des banques contre des billets neufs. Il faut savoir qu’en Inde, pays comptant 1,2 milliards d’habitants, pratiquement 50 % des adultes ne sont pas titulaires d’un compte bancaire. Les transactions se font à 98 % en liquide et 68 % en valeur. Cette annonce a donc eu un effet retentissant !
L’annonce de Narendra Modi avait pour but premier la lutte contre la corruption, l’illégalité de l’économie, le terrorisme et les faux billets. Ces objectifs, louables au demeurant, ont provoqué doute et scepticisme. En effet, une grande partie des revenus dits noirs, concernant les transactions réalisées hors des circuits officiels, est réinvestie en or et en immobilier. Toucher à leur part liquide (représentant moins de 3 %) ne peut en aucun cas régler la source du problème, c’est-à-dire la production de revenus illégaux. D’autant plus que les faux billets représentent une infime part des coupures en circulation, 0,004 % selon certains analystes.
Alors quelle est vraiment le but de cette brusque politique de démonétisation ? Surtout quand on sait que ces deux coupures retirées représentent plus de 80 % de la monnaie qui circule et que cette période transitoire va priver des millions de personnes d’argent liquide. Cette mesure risque donc de paralyser, de façon provisoire, une économie tributaire des liquidités.